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Propositions politiques : repenser la démocratie et le pouvoir
Comment partager réellement le pouvoir, protéger les libertés fondamentales et replacer le bien commun au cœur de nos institutions ? Ce chapitre propose de repenser la Constitution, le rôle de l’État, les élections, la transparence, les médias, la représentation politique et la gouvernance mondiale.
Cet article reprend la partie « Propositions politiques » de L’Écologie de la Bonté – Manifeste pour le vivant, publié en juin 2026. Le texte du livre est reproduit sans modification.
Je souhaite nous inviter ici à une réflexion générale et à un débat autour de propositions concrètes, tant sur un plan politique, économique, social, qu’écologique. Dans ces pages, vous ne trouverez pas de programme complet, ni de Constitution achevée, mais quelques idées, neuves ou anciennes, remettant en question nos systèmes à bout de souffle. Nous devons donner de la force et de l’élan à un grand mouvement, afin de changer positivement d’époque. Un collectif investi et intelligent saura trouver des solutions adaptées aux différents contextes, avec souplesse, créativité et discernement.
Quel modèle politique voulons-nous ? Cette question est cruciale, car tout – ou presque – en découle. Qui décide ? Selon quelles règles ? Avec quels contre-pouvoirs ? Voilà trois questions auxquelles les êtres humains ont toujours été confrontés, depuis la simple tribu jusqu’aux vastes sociétés contemporaines.
Si nous voulons nous libérer du pouvoir oligarchique actuel, le moment est venu de remettre en question nos principes mêmes de représentation politique. Notre « démocratie » représentative fonctionne mal, car elle n’empêche ni l’accaparement des richesses, ni celui du pouvoir. Les élections d’un président ou d’une présidente, ainsi que de nombreux·ses député·e·s, n’empêchent aucunement les injustices sociales et le fiasco économique actuel. Tout d’abord, le pouvoir est encore trop concentré : nous élisons finalement une sorte de roi ou de reine qui décide une quantité de choses à notre place, même si une minorité d’électeur·ice·s le ou la soutient véritablement. Notons au passage que le système de scrutin majoritaire à deux tours peut souvent mener à des injustices ou des aberrations : certain·e·s président·e·s sont très mal élu·e·s et ne représentent aucunement les idées majoritaires d’un pays.1 Ensuite, le pouvoir des citoyen·ne·s est trop délégué et dilué : il n’existe aucune possibilité de référendum d’initiative citoyenne, aucune consultation débouchant sur des décisions démocratiques concernant les grandes questions, ni aucune participation citoyenne à l’élaboration ou l’amélioration de notre Constitution. Enfin, il n’est pas possible de révoquer notre président·e, même s’il·elle ne nous satisfait plus.
Le rapport entre gouvernants et gouvernés semble inversé : les responsables politiques font carrière et se servent de la République pour leur élévation sociale, alors qu’ils devraient agir comme de simples mandatés, des serviteurs du peuple. Le culte du chef et du privilège, pour ne pas dire celui de l’impunité, a la vie dure.
Rappelons également qu’il y a peu ou aucune éducation populaire au sujet des grands thèmes de société. Ainsi, beaucoup de citoyen·ne·s élisent leurs représentant·e·s « à l’aveugle », sans connaître précisément leur programme et les grands enjeux du moment. Ce sont plus souvent les opinions subjectives que les analyses programmatiques qui font les Président·e·s. Ce qui nous rappelle à quel point notre système est fragile : il repose davantage sur l’émotion ou l’instinct que sur des avis fondés et élaborés. Or, c’est justement cette fragilité qu’exploitent les classes dominantes. Elles fabriquent des opinions pour orienter les masses vers des choix que celles-ci ne feraient jamais si elles en comprenaient les mécanismes. C’est ainsi que toute une société peut dériver vers l’extrême droite et l’autoritarisme, de façon démocratique et légale. C’est également de cette manière qu’une civilisation peut détruire les écosystèmes et la biodiversité – donc elle-même – malgré les connaissances scientifiques.
De manière générale, nous sommes de plus en plus nombreux·ses à penser que le pouvoir doit être partagé, limité, transparent, révocable, orienté par l’empathie et la recherche du bien commun. Voici donc quelques propositions politiques :
La Constitution, mère de toutes les lois
La création d’une nouvelle Constitution via une Constituante citoyenne pourrait être un nouveau point de départ. Nous pourrions l’écrire ou la réadapter de façon démocratique, en impliquant le collectif et en prenant en compte les nouveaux enjeux et les nouvelles réalités. Cette Assemblée constituante pourrait se faire physiquement mais aussi numériquement, grâce à nos outils informatiques. Nous pourrions organiser plusieurs assemblées au niveau régional, toutes reliées entre elles. L’idée ici est de débattre de façon collégiale durant le temps nécessaire à la maturation de nouvelles idées, avec l’implication de chercheur·euse·s dans tous les domaines sensibles, capables de nous éclairer en apportant leurs expertises contradictoires. Les idéologies et les partis politiques ne devraient pas mener les débats, car le principe n’est ni de cliver, ni de polariser, mais de réunir et de responsabiliser les citoyen·ne·s volontaires. Tout le monde serait invité à participer, à partir du moment où chacun·e respecte quelques règles simples : pas de violence, pas de mensonges, exclusion des lobbies ou des partis politiques déjà constitués. L’informatique et l’IA pourraient être des outils particulièrement efficaces pour communiquer, analyser et synthétiser les propositions, sous contrôle humain permanent. Ces assemblées auraient pour but de créer une dynamique d’éducation populaire, de débats et de prises de décisions démocratiques à l’échelle des régions et des pays, tout en impliquant et en responsabilisant chaque individu qui le souhaite. Le vivant, le social, les enjeux écologiques, la responsabilité et la représentation politiques, la place des industries et de la finance dans la conduite de notre monde : toutes ces thématiques pourraient être débattues et replacées dans un contexte d’urgence sociale et environnementale.
Bien sûr, avant toute chose, nous devrions nous mettre d’accord au sujet des libertés fondamentales à préserver, déjà inscrites dans nos Constitutions actuelles, comme la liberté d’expression, d’association et de conscience, ou la protection des minorités… Les grands principes garantissant la dignité humaine, la liberté et l’égalité des droits doivent être un socle intouchable. Dans une société juste et pacifique, ces libertés difficilement acquises sont non négociables : tout peut être amélioré, mais en aucun cas il ne devrait être possible de revenir en arrière sur ce qui a été gagné. Gardons enfin à l’esprit que toutes les sensibilités – mises à part celles qui débouchent sur la violence et l’exclusion – devraient être respectées et protégées.
Dans le cadre de cet exercice, des limites non négociables devraient être débattues puis inscrites dans notre nouvelle Constitution. Nous pourrions décider, par exemple, de ne jamais : laisser une majorité opprimer une minorité ; collaborer avec une majorité étrangère opprimant une minorité ; nous lancer dans une guerre offensive ou envahir une région étrangère ; collaborer avec une nation ayant déclaré une guerre offensive ou commis un génocide ; exploiter des ressources naturelles entraînant des dégâts écologiques ; laisser une industrie mettre en péril la biodiversité ; laisser des dynasties financières et un pouvoir oligarchique se développer ; laisser quelques individus contrôler les médias ; laisser de nouvelles technologies se déployer sans aval et contrôle populaire ; laisser circuler des idées racistes, xénophobes, sexistes, homophobes ou spécistes ; etc.
Bien sûr, il faudrait réfléchir collectivement pour dresser une liste complète de lignes rouges à inscrire dans notre nouvelle Constitution. Poser des limites infranchissables pour les futures gouvernances humaines est d’une importance capitale. Les animaux et l’ensemble du vivant (y compris les écosystèmes et les entités comme les forêts, les montagnes, les fleuves, les mers ou les sols) devraient être mentionnés comme ayant droit à la vie, au respect et à la préservation, comme nous le développerons dans la partie Propositions écologiques.
Le rôle de l’État
Un État est encore utile aujourd’hui, afin que nous nous organisions autour de règles et de lois décidées collectivement. Tant que les êtres humains ne seront pas moralement, spirituellement et civiquement matures, nous aurons besoin de lois et finalement d’un État assez fort – pourvu qu’une véritable démocratie le structure et le contrôle. Mais, au fil du temps, nous pourrions imaginer un État de moins en moins présent, tel un simple secrétariat technique de la nation, qui ne s’impose pas de force dans la vie des citoyen·ne·s. La juste place à donner à un État devrait faire l’objet d’un débat sérieux et régulier. Son sens même et sa place dans nos vies devraient être interrogés démocratiquement et fréquemment, car selon le niveau de conscience collective et le contexte historique, sa présence pourrait s’amplifier ou diminuer, quitte à s’effacer progressivement. Nous pourrions même imaginer, un jour, une vie citoyenne avec très peu de lois. Mais nous sommes encore loin d’un tel modèle.
Le principal, aujourd’hui, est d’éviter que nos États ne protègent un système global non démocratique, injuste et violent. L’État doit être le garant du bien commun et protéger chaque citoyen·ne avec équité ; il ne doit plus être le bras armé d’une oligarchie. Son rôle devrait être d’assurer une véritable solidarité collective : garantir l’accès aux soins, à l’éducation, à la sécurité sociale, à la mobilité, à la justice et aux services publics essentiels. Il devrait aussi veiller à une redistribution équitable des richesses, afin que chacun·e puisse vivre dignement et satisfaire ses besoins vitaux. L’État devrait être vu, avec toutes ses sous-structures, comme la maison du peuple, et non uniquement comme un moyen de contrôle et de répression.
Ajoutons qu’un équilibre entre les différents pouvoirs – la justice, l’exécutif et le législatif – doit être préservé à tout prix. Le respect et l’indépendance de la justice, à condition que celle-ci soit à l’abri des influences politiques ou financières et qu’elle dispose de moyens conséquents, doivent être défendus sans faillir. Car ce sera à la justice et à elle seule de juger et de trancher, en s’appuyant sur la Constitution et les lois.
De même, la police doit toujours être l’amie du peuple, sa force protectrice. Pour cela, chaque citoyen·ne pourrait, à tour de rôle, endosser cette mission de façon temporaire, s’il·elle le souhaite. Nous devons impérativement éviter une police déconnectée, soumise aux ordres d’un pouvoir hors de contrôle. La police, comme le reste de nos institutions, doit être gérée démocratiquement, par et pour le peuple.
Un pouvoir collégial, plus horizontal
Autorisons-nous à imaginer un pouvoir plus horizontal, avec des assemblées populaires dans les villes, les départements, les régions, ainsi que sur un plan national et international, afin d’inclure le peuple dans toutes les décisions importantes. Permettons-nous d’imaginer que les visions politiques puissent être entretenues et amplifiées par le collectif lui-même, plutôt que par quelques hommes ou femmes esseulé·e·s.
Nous pourrions apprendre à nous concerter, à proposer, à débattre et à trancher. Aujourd’hui, nous sommes privé·e·s de ce pouvoir. En conséquence, notre confiance dans les responsables politiques a clairement chuté : la politique « dégoûte ». Il s’agit donc de nous réapproprier un pouvoir, celui de décider de nos vies. Nos habitudes actuelles sont clairement contre-productives : élire un·e « chef·fe » ne nous permet pas de décider par nous-mêmes. Nous ne faisons que déléguer notre pouvoir, alors que le monde entier tourne à la violence.
Nous avons une nouvelle culture à inventer et cela commence dès l’école, où l’on pourrait enseigner une autre manière de faire de la démocratie et de la politique. Nous prendre en main de façon collégiale est sûrement la voie pour devenir adultes politiquement.
Toute décision importante impliquant la ville, la région, le pays, devrait être prise collectivement. Nos outils informatiques nous le permettent aujourd’hui. Nous n’avons pas besoin de « spécialistes » ni « d’expert·e·s » de la gestion du pouvoir, issu·e·s d’écoles pour élites, appartenant bien souvent à la classe bourgeoise, pour choisir la direction que nous voulons prendre. Notre modèle actuel rend les classes populaires passives et incultes politiquement. Nous évoluons dans un système infantilisant. Au contraire, plus les citoyen·ne·s seront impliqué·e·s, plus ils et elles deviendront expérimenté·e·s, concerné·e·s et efficaces. Exclure des millions de gens de la politique, c’est leur ôter la capacité de s’intéresser, de s’améliorer et de s’élever : c’est finalement semer les graines de la division et de la guerre civile.
Bien sûr, de véritables réflexions devraient avoir lieu autour des échelles de décision : comment et que décider au niveau des quartiers, des villes, des départements, des régions, des pays, du monde ? Toutefois, l’idée centrale serait de trancher collectivement à tous les niveaux. Bien sûr, la population devrait pouvoir proposer, quand elle le souhaite, des référendums débouchant sur de réelles décisions, dans les limites de la Constitution.
Élections, tirages au sort, durée des mandats, révocabilité
C’est peut-être le moment de changer d’habitudes : nous pourrions voter pour des lois, des décisions et des programmes politiques, plutôt que pour des personnes, des visages, des personnalités incarnant des idées, que l’on installe au sommet pour des années – sans jamais pouvoir les contrôler ni les révoquer. Voter pour des gens, des façons de parler, des faciès et des histoires personnelles aboutit souvent à des opinions politiques fragiles et peu fondées ; au contraire, mettre en avant des idées et des programmes portés par des collectifs nous pousserait à faire des choix de façon moins biaisée et plus éclairée.
De manière générale, il serait temps aujourd’hui de remettre en question notre culture du chef. La délégation, la déresponsabilisation, le rapport « capitaines / soldats » sont des habitudes que nous devrions laisser derrière nous. Nous pourrions envisager de nouvelles formes de mouvements politiques fonctionnant davantage en équipes, sans pyramide de hiérarchisation et sans centralisation abusive.
Certes, nous aurons toujours besoin de figures inspirantes et de personnes capables d’entraîner les autres. Mais avons-nous vraiment besoin de chef·fe·s ? 2 Certaines personnes ont souvent une autorité naturelle dans leur domaine, due à leur expérience, à leur expertise, à leur intelligence, à leur aura ou à leur créativité : c’est très bien, elles sont des moteurs précieux dans une équipe. Mais le collectif devrait rester au centre des décisions, sans déléguer aveuglément son pouvoir à un seul individu, qui, de surcroît, devra gérer son ego, sa solitude et ses souffrances. De plus, si le ou la chef·fe commet une grave erreur politique ou personnelle, c’est tout le mouvement qui en pâtit ; ce qui n’arriverait jamais si les idées étaient le phare principal.
De la même manière, nous pourrions interroger le sens actuel de nos partis politiques, tels qu’ils sont structurés. Les gens s’identifient à leurs leaders, mais aussi tellement à leur parti ! Les egos collectifs s’entrechoquent et ne s’écoutent plus. L’idée nouvelle, et c’est à nous tou·te·s d’y réfléchir, serait d’apprendre à pratiquer la politique ensemble avec des idées différentes – en excluant, bien sûr, toute idée toxique pour la collectivité, telle que le racisme, l’antisémitisme, le sexisme, etc. Mettre en avant les idées plutôt que les capitaines et les bannières, nous aiderait probablement à élever le débat et à enrichir notre démocratie. Nous pourrions imaginer des courants d’idées se confrontant et évoluant ensemble pour accoucher du meilleur, à la place de nos partis farouchement opposés, cloisonnés, se faisant la guerre dans les assemblées.3
Bien sûr, certain·e·s rétorqueront que cette proposition fait preuve de naïveté. Effectivement, notre mentalité actuelle est peu adaptée à cet idéal. Mais, réfléchissons-y sérieusement : des mouvements de pensée organisés en équipes temporaires (selon des valeurs et des affinités communes) seraient un moyen souple et naturel de se faire entendre sans être disqualifié·e d’office. Car, un jour, il faudra bien que nous évoluions ensemble sans violence, dans un but commun : la paix.
Quoi qu’il en soit, une nouvelle ère arrive : nous pourrions toutes et tous, citoyennes et citoyens, développer des idées et prendre la parole dans le débat public. Nos outils informatiques peuvent nous aider à gérer un nombre colossal de données, afin de faire le tri parmi nos idées et nos propositions. Ce qui était autrefois impossible sur un plan technique devient envisageable aujourd’hui. Il est donc logique et souhaitable de passer à une autre étape de gouvernance. Le pouvoir pourrait devenir collectif. Nous pourrions imaginer, entre autres, des référendums d’initiative citoyenne, permettant aux citoyen·ne·s eux-mêmes de proposer ou de contester certaines lois, sans dépendre uniquement du pouvoir exécutif. Une telle mesure renforcerait considérablement la souveraineté populaire et éviterait ainsi que les consultations démocratiques soient uniquement déclenchées « par le haut », dans des cadres parfois biaisés ou orientés. Bien sûr, ces référendums devraient être encadrés par des garde-fous constitutionnels protégeant les droits fondamentaux et empêchant toute dérive discriminatoire ou autoritaire.
Les colères actuelles, dues au décalage monumental entre le « haut » et le « bas », nous indiquent que nous ne pouvons plus attendre vainement que les solutions viennent du sommet. Cette façon verticale de gouverner le monde est devenue passéiste et insupportable pour beaucoup d’entre nous.
Concernant les équipes « au pouvoir », plusieurs façons de fonctionner pourraient être envisagées : certaines pourraient être élues pour des mandats assez courts (deux ou trois ans par exemple), avec des porte-paroles tournants. Une rotation intelligente permettrait une mémoire collective, afin d’éviter une rupture totale de compétence à chaque renouvellement. Ces équipes pourraient également être tirées au sort parmi une liste de citoyen·ne·s volontaires (pas d’obligation de participer), en composant un panel représentatif de la société.
Élus ou tirés au sort, l’intérêt de donner des mandats relativement courts à ces collectifs est d’éviter que certaines personnes ne s’accrochent au pouvoir et ne créent des réseaux de « copinage ». Les idées et les programmes deviendraient clairement supérieurs aux personnes qui les incarnent. Ceci serait un renouveau total.
Rien n’empêcherait les leaders et les leadeuses d’influencer le débat d’idées dans le domaine médiatique. Toute personne populaire pourrait continuer d’enrichir la réflexion en faisant porter sa voix de façon publique, sans pour autant être au pouvoir.
Enfin, chaque responsable ou chaque équipe serait révocable, selon des processus démocratiques. N’oublions pas que les représentant·e·s devraient être au service du peuple, et non à sa tête. Ils·elles ne devraient jamais être en position d’abuser du pouvoir.
Formation continue des électeur·ice·s et droit de vote
Afin d’enrichir le niveau politique général, pourquoi ne pas créer une formation continue universelle, accessible, simple et gratuite, dans le but d’organiser des élections à haute valeur ? Cette formation ne devrait contenir aucun filtre idéologique ni aucune complexité, mais elle permettrait de délivrer une sorte de « droit de vote » aux citoyen·ne·s qui le souhaitent.
Cette idée tend à renforcer la valeur d’un vote. En effet, que penser de la justesse et de la pertinence d’une élection, si la moitié des votant·e·s participe sans avoir réellement pris connaissance des programmes et des enjeux ? Cela n’a aucun sens, surtout dans notre contexte écologique et social actuel, impliquant la survie de la biodiversité et de l’humanité. Pourquoi donnerait-on le gouvernail de notre bateau – donc un droit de vie ou de mort – à des personnes non informées ou ne s’intéressant pas au contenu des propositions ? C’est doublement injuste vis-à-vis des citoyen·ne·s s’impliquant activement et fournissant de réels efforts pour mettre à jour leurs connaissances.
L’objectif ne serait donc pas d’affaiblir l’idéal du suffrage universel, acquis de haute lutte, mais bel et bien de valoriser chaque vote en responsabilisant les citoyen·ne·s au maximum. Rappelons encore que nos enjeux actuels sont très importants : l’humanité est en péril, au bord de la guerre mondiale, dans un environnement très dégradé, face à une montée du nationalisme et un accaparement assumé des richesses. Aussi devrions-nous nous assurer que les votant·e·s, censées piloter notre humanité, connaissent un minimum la situation globale et le contenu des propositions. En effet, qui voudrait donner les clés d’un paquebot navigant en pleine tempête, sur une mer remplie d’icebergs, à une majorité non-informée ou désintéressée (les passagers) ? Nous voudrions non seulement avoir l’avis des marins aguerris à bord (les experts), mais, en plus, que tout le monde soit bien informé des conséquences de chaque choix, avant de prendre une décision. N’est-ce pas là du bon sens ? D’autant plus si des milliers d’enfants et d’animaux innocents sont à bord !
Avec cette règle, nous pourrions même abaisser l’âge du droit de vote : car, en fonction de la maturité et de l’intérêt de la personne, celle-ci pourrait être en mesure de voter bien avant ses dix-huit ans. D’autres pourraient ne jamais voter, s’ils ou elles ne le souhaitaient pas (aucune obligation de vote). L’idée générale, ici, est de permettre à tout le monde, sans distinction, de bien connaître les enjeux, le contexte historique et les différentes propositions politiques. Ce serait une mesure de bon sens, d’inclusion, de justice et d’équité.
Une sorte de questionnaire simple, mis à jour annuellement, pourrait être proposé à la fin d’une mini formation ; chaque personne pourrait le tenter autant de fois qu’elle le souhaite, jusqu’à le réussir. Ce processus éviterait de filtrer une « élite », ce qui reviendrait à une forme d’exclusion.
Cette proposition devrait être envisagée sous l’angle d’un renforcement démocratique, et non d’une sélection sociale. Cette formation et ce test délivrant un « permis de voter » seraient élaborés par une instance indépendante, pluraliste, sous surveillance citoyenne ; elle réunirait chercheur·euse·s et spécialistes des questions contemporaines. Aucune orientation morale ou idéologique ne devraient transparaître : il ne s’agirait que de connaissances factuelles faisant largement consensus à propos de réalités sociales, politiques, économiques et écologiques. Une connaissance minimale des principaux programmes politiques devrait également être demandée. Enfin, qui pourrait voter ? Je réponds : toute personne vivant durablement dans le pays et participant à la vie collective.
Cette question, même si elle est explosive, mérite d’être débattue, parce qu’elle touche finalement au sens même du droit de vote et du suffrage universel, piliers de notre vie commune. Car finalement, voter n’est pas seulement un droit : c’est aussi une responsabilité. Celui de s’informer honnêtement et de faire des choix justes pour la collectivité.
Fin des privilèges et des carrières politiques
Il est urgent de limiter les salaires des responsables politiques en les ramenant au niveau médian du pays. Ceci concernerait même les plus hautes fonctions. Verser le même traitement à chacun·e dans le secteur administratif et politique serait efficace pour éviter la course au sommet, l’addiction au pouvoir et les carriérismes déplacés : les dirigeant·e·s, censé·e·s être au service de la population, ne devraient ni s’enrichir, ni se constituer de réseaux personnels. De même, il est temps de limiter les frais liés à leurs fonctions et d’envisager l’abolition des privilèges : finissons-en avec les retraites dorées, les assistants, les bureaux et les chauffeurs privés financés par la République pour la vie entière, alors que les fonctions ne sont plus exercées.
Ces décisions auraient deux avantages : les responsables politiques pourraient comprendre réellement l’ensemble de la population, sans déconnexion de la réalité (aujourd’hui, une part non négligeable de nos dirigeant·e·s sont multimillionnaires !),4 et le monde de la politique ne serait plus celui des carrières et de l’enrichissement.
Le moment est venu de repenser la fonction publique : nous n’avons pas besoin de professionnels au niveau de la gouvernance politique, car cette professionnalisation aboutit souvent aux privilèges et à un décalage avec le réel. La politique devrait être une mission temporaire au service des citoyen·ne·s et du vivant. Enfin, nous devrions également interdire le cumul des mandats, pour des raisons pratiques et éthiques évidentes.
La corruption, les conflits d’intérêts et la transparence
Une instance de contrôle citoyenne pourrait contrôler de façon permanente les responsables politiques, afin de limiter drastiquement les conflits d’intérêts et les formes de corruption. Fini les arrangements entre amis, terminé l’influence démesurée des lobbies privés, si riches et si attractifs pour séduire nos élu·e·s ! Un contrôle strict des revenus et du patrimoine, pendant et après les mandats, devrait être mis en place, jusqu’à ce que l’incorruptibilité devienne habituelle et culturelle.
De même, les activités d’influence (lobbying) exercées par les grands industriels, la finance ou d’autres groupes de pression devraient être totalement claires et encadrées ; les éventuelles rencontres devraient être enregistrées et organisées dans un cadre strict de contrôle citoyen. Cette transparence devrait s’appliquer également aux groupes d’influence idéologiques ou religieux.
De manière générale, les responsables politiques devraient avoir l’obligation de dialoguer de façon transparente avec tous les acteurs de la société. Un·e président·e, un·e ministre ou un·e député·e ne devrait jamais avoir de rendez-vous secret dans le cadre de sa fonction. La transparence totale devrait devenir une règle fondamentale afin d’identifier qui décide quoi, pour qui, avec quelles conséquences humaines. Toute influence opaque devrait être non seulement interdite, mais sévèrement sanctionnée.
Servir un pays n’est ni un jeu, ni un moyen d’atteindre des buts personnels : rendre des comptes de façon limpide et honnête est un enjeu primordial pour l’intérêt commun.
Les outils contre les mensonges et la désinformation
Toute évolution vers plus de démocratie directe devrait intégrer des garde-fous contre la manipulation de masse, la désinformation et les emballements émotionnels. Pour commencer, des cours devraient être consacrés à la désinformation et à la manipulation dès l’école primaire. Chaque citoyen·ne devrait être formé·e pour repérer les tentatives d’instrumentalisation et développer les bons réflexes pour remonter à la source d’une information, afin de dégager le vrai du faux.
Mais ce n’est pas tout. Des règles strictes devraient être également appliquées à l’égard des réseaux sociaux et des médias, dans le cadre de cette nouvelle guerre : celle des algorithmes et de l’information. Certains réseaux sociaux encouragent une forme d’intoxication et une idéologie affirmée, dans le but que celle-ci se répande.5 Le racisme, le sexisme, l’homophobie ou le nationalisme ne devraient avoir aucune place sur de tels réseaux, au nom de la liberté d’expression ; car la liberté d’expression devrait s’arrêter là où la violence commence. Les réseaux sociaux ne devraient plus être détenus par des milliardaires qui pilotent leurs algorithmes en toute opacité. Contrôle, règles strictes, voire nationalisation des réseaux – ou création de réseaux alternatifs, libres, gratuits et gérés par la population elle-même – sont sans doute les meilleures solutions pour ne pas tomber sous le diktat des grandes fortunes. Le but ici n’est pas de créer un « contrôle d’État » sur la population mais, bien au contraire, d’inventer des réseaux et des médias auto-gérés par le peuple lui-même, via une démocratie directe, sur la base d’une Constitution adaptée aux enjeux du XXIème siècle.
De même, les médias classiques deviennent aujourd’hui des moyens d’influence et de manipulation à large échelle6 : notre démocratie ne peut plus accepter ces influences idéologiques imposées par les plus riches. Après avoir contrôlé le monde de l’industrie et de la finance, ces dynasties comptent à présent contrôler les opinions et la politique. C’est ainsi que les idées de la classe dominante deviennent les idées majoritaires dans la société. Nous devons donc refuser ces mouvements d’influence déloyaux qui nous entraînent vers une société déséquilibrée, injuste et violente. Nos nouvelles Constitutions pourraient nous protéger de telles dérives : il serait alors possible de créer nos propres outils que nous gérerions nous-mêmes, en évitant qu’ils soient développés dans l’intérêt des oligarchies.
Une Haute Autorité Indépendante de la Démystification et de la Vérification des Faits (fact-checking et debunking)7 devrait être créée de toute urgence. Elle contrôlerait l’ensemble des médias et des réseaux sociaux, ainsi que la parole des leaders politiques. Cette institution serait en mesure de vérifier en permanence tout ce qui se dit sur un plan officiel, jusqu’à ce que nous sortions de cette ère où le mensonge et la désinformation font l’opinion et la politique. Comprenons bien l’ampleur du problème aujourd’hui : nous sommes les victimes d’une véritable Logocratie. L’ère de la post-vérité nous a emmenés dans un monde où les débats cohérents ne sont plus possibles, parce que la vérité objective (faits, chiffres) ne fait plus l’objet d’un consensus. Cela doit cesser, car les échanges politiques ne sont plus audibles. Tout le monde peut dire n’importe quoi et tirer des conclusions sur la base d’informations fausses et non vérifiées.
Les médias et les journalistes pris en flagrant délit de mensonge et de fausses informations répétés devraient être sanctionnés, voire interdits temporairement de parole publique. De même, les responsables politiques (au pouvoir ou dans l’opposition) devraient être contrôlés : en cas de mensonges fréquents et avérés en vue de manipuler l’opinion, ceux-ci seraient punis et éventuellement écartés du débat public officiel (en dernier recours, après avertissements). Sans quoi les éléments les plus toxiques continueront de contaminer l’espace public, biaisant les réflexions et les prises de décision politique.
Bien sûr, cette Haute Autorité devrait être complètement indépendante, pluraliste, transparente et contestable juridiquement. Elle serait composée de chercheur·euse·s et de journalistes sans aucun conflit d’intérêts, libérés de toute influence politique et économique, ainsi que de divers·e·s citoyen·ne·s, pour un contrôle total.
Tout procès d’intention, toute police des valeurs devraient être proscrits. Il s’agirait ici de démasquer et sanctionner les mensonges factuels. Par exemple, un homme politique répétant à l’envi que la Shoah n’a jamais existé ne devrait plus avoir le droit de débattre dans l’espace public, sauf s’il revient publiquement sur ses propos et renonce au révisionnisme. En l’occurrence, le révisionnisme n’est pas une opinion : c’est la négation de faits réels, faisant consensus chez les historiens.
Tout ce qui est lié aux interprétations scientifiques en débat, aux projections climatiques, aux causalités complexes, ne pourrait être ni contrôlé, ni sanctionné. Nous parlons ici seulement de falsification volontaire de faits établis et documentés.
Enfin, parce que nous devons conserver un État de droit, chaque personne publique ou chaque entité dénoncée et sanctionnée par cette instance aurait le droit à un recours judiciaire.
À l’heure où l’IA peut générer des images ou des vidéos réalistes sur demande, nous sommes contraints de mettre en place des règles de transparence et d’alertes automatiques quand il s’agit de faux, en particulier dans les domaines sensibles. Sans quoi nous ne pourrons plus faire de différence entre la réalité et le trucage. En effet, comment construire nos positionnements politiques si nous n’avons plus accès à une information objective et vérifiable ? Cet enjeu est crucial.
L’éthique du débat et la fin de la violence systémique
L’agressivité et la violence verbale dans les assemblées sont des entraves au débat démocratique. Afin de réapprendre l’écoute, les violences caractérisées – insultes, hurlements, interruptions systématiques – devraient être sanctionnées par le règlement intérieur des assemblées.
La dignité de la fonction publique exige de faire passer le collectif avant l’ego : notre démocratie a besoin de respect mutuel, d’écoute et de coopération. Nous ne pouvons plus accepter la violence systémique, qu’elle soit « froide » (mépris, arrogance) ou « chaude » (colères, insultes). Ces comportements dégoûtent les citoyen·ne·s au point de les éloigner de ce grand « cirque » qu’est devenu la politique.
Nous devrions faire preuve de dignité quand nous endossons le costume de personne publique mandatée par le peuple. Aussi, un système de régulation indépendant (par exemple un comité de déontologie citoyen tiré au sort) pourrait délivrer des avertissements et, en cas de récidive grave, des suspensions temporaires de séance. L’objectif n’est pas d’imposer une police morale, ni même une police des émotions, mais de garantir que chaque voix puisse être entendue sans être étouffée par le bruit ou le mépris.
Les femmes dans la politique
Comme nous l’avons évoqué précédemment dans ce livre, un nouvel équilibre entre les femmes et les hommes doit être trouvé. Non seulement les femmes devraient avoir autant de place que les hommes à tous les étages de nos structures décisionnelles, mais en plus nous devrions aménager des espaces pour accueillir confortablement les femmes enceintes et allaitantes, y compris dans nos assemblées et nos espaces de travail politique. Tout doit être mis en œuvre pour garantir leur pleine participation, afin qu’elles se sentent incluses avec bienveillance, soutenues et aidées, dans le cadre de leurs choix personnels et de leurs fonctions politiques et/ou professionnelles. De même, les hommes et les femmes ayant des enfants en bas âge devraient être soutenus et accompagnés pour ne pas être privé·e·s d’une vie sociale riche et utile, s’ils·elles le souhaitent. La politique actuelle, faite par et pour les hommes, doit changer. Notre culture patriarcale doit être complètement remise en question, en particulier dans le monde politique, empli de « vieux dinosaures ». Féminiser et moderniser nos structures est indispensable pour aller vers une culture du soin et de l’écoute, intrinsèque au respect du vivant. Nous pourrions d’ailleurs envisager la création d’un ministère consacré aux droits et à l’émancipation des femmes, chargé notamment de rendre effective l’égalité salariale dans tous les secteurs de la société.
La représentativité des personnes racisées dans la politique
L’antiracisme ne doit pas se limiter aux intentions : il doit être structurel. Nous devons garantir qu’aucun frein n’entrave l’accès des personnes racisées aux fonctions décisionnelles, à tous les niveaux de notre société. La vitalité d’une population réside dans sa diversité : celle-ci doit se refléter fidèlement dans nos instances de pouvoir. Nous devons être très attentif·ve·s à cette question, afin d’abattre les barrières racistes encore existantes. Ne nous contentons pas de bons sentiments, mais agissons au sein même de nos institutions et administrations, en les rendant réellement inclusives et ouvertes à toutes et tous.
Un comité de sages
Un comité de « sages » (choisi·e·s par le peuple) pourrait être créé à titre de conseil, en accord avec la Constitution. Ces sages ne devraient pas être d’ancien·ne·s responsables politiques faisant partie de la classe dominante, comme c’est le cas aujourd’hui. Au contraire, ils·elles devraient être choisi·e·s (et révocables) par la population, selon de véritables critères de sagesse, d’empathie et de désintéressement authentique (leur chemin de vie parlerait pour eux·elles).8 Nous manquons tellement de repères, en termes de sagesse : ce Comité de sages serait une chance pour nous tou·te·s.
Le Bonheur Intérieur Brut et le Ministère de l’Empathie
Si, comme au Bhoutan, nous remplacions officiellement notre PIB (Produit Intérieur Brut) par le BIB (Bonheur Intérieur Brut) ? Cette boussole sociale et politique nous indiquerait mieux que la Bourse le chemin à prendre. Ainsi, les objectifs prioritaires deviendraient la santé des citoyen·ne·s, l’habitat, une alimentation saine, une solidarité générale, un bien-être individuel et collectif, le respect des écosystèmes et des animaux…
Un ministère de l’empathie et du bien vivre ensemble pourrait être créé, dans le but de favoriser la bienveillance à tous les étages de la société. Rappelons que l’empathie et la bonté devraient être des critères importants pour choisir nos équipes et nos programmes, afin de supprimer la dureté et la froideur du pouvoir actuel.
Une gouvernance mondiale de l’humanité et du vivant
Nous pourrions nous engager dans la construction d’une nouvelle structure internationale, en vue de créer une « Gouvernance Mondiale de l’Humanité et du Vivant », pour prendre des décisions communes au sujet de l’écologie, de l’économie, du social et de la paix. Cela nous aiderait à : aller vers un assouplissement progressif des frontières (jusqu’à leur disparition ?) ; adopter des programmes communs pour sauver la biodiversité, ralentir le réchauffement climatique et protéger les écosystèmes ; prévenir les conflits et les guerres ; organiser une solidarité internationale efficace… L’objectif n’est pas de créer un pouvoir centralisé et autoritaire au niveau mondial, mais de trouver, au contraire, un équilibre entre tous les pouvoirs locaux, régionaux et internationaux, de façon démocratique, afin de décider ensemble de notre destin. La vocation permanente de cette gouvernance serait double : réunir l’humanité pour résoudre nos problèmes main dans la main, telle une famille sans classes ni castes, et donner une voix juridique aux animaux et à la nature (fleuves, mers, forêts, espèces), afin de protéger le vivant au niveau planétaire.
Création de nouveaux hymnes
Voici enfin une mesure symbolique : pourquoi ne pas abandonner nos hymnes nationaux parfois si guerriers, en vue de composer des chants prônant la paix des peuples et la réunification de l’humanité et du vivant ? La tolérance et l’amour doivent bien commencer quelque part. Quitter la haine et accueillir l’humain ainsi que l’ensemble du vivant, sans naïveté mais avec sagesse et courage, serait un grand pas. Nos nouveaux hymnes pourraient être porteurs des plus belles couleurs : celles de l’harmonie et de notre appartenance à la Terre.
« Le pouvoir doit être partagé, limité, transparent, révocable, orienté par l’empathie et la recherche du bien commun. »
Notes et références
- Le système à deux tours favorise souvent le « vote utile » dès le premier tour et le « vote par défaut » (faire barrage) au second, ce qui peut créer un décalage entre l’élu·e et l’opinion réelle du pays, comme en France avec le Président Emmanuel Macron. Il existe d’autres modèles, plus justes : le Jugement Majoritaire (l’électeur·ice donne une mention à chaque candidat·e, allant de « à Rejeter » jusqu’à « Excellent ») : le candidat le plus apprécié l’emporte logiquement. Il existe aussi le Vote Préférentiel (chaque électeur·ice classe les candidat·e·s par ordre de préférence), ou encore le Scrutin Proportionnel… En bref, notre système à deux tours a de très grosses failles qu’il serait temps d’interroger. ↩
- La psychanalyste Alice Miller a proposé une réflexion stimulante sur les liens entre certaines formes d’éducation autoritaires et la recherche ultérieure de figures de pouvoir fortes et rassurantes. Lire : C’est pour ton bien – Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant. ↩
- Cette idée de la politique post-partisane est une réponse pratique au clivage actuellement indépassable entre les différents partis ; les guerres – parfois intestines, au sein même de la gauche ou de la droite – faussent les stratégies. Les divisions et les querelles de chapelle ont tendance à prédominer sur l’intérêt collectif, celui du peuple. ↩
- D. Trump disposerait d’une fortune de 6,7 Md $, V. Poutine de 200 Md $, B. Netanyahou de 13 M $. Cette concentration de richesses et de pouvoir se vérifie en Europe : la majorité des dirigeants sont multimillionnaires. En France, une étude de 2025 révélait que 22 ministres du gouvernement possédaient un patrimoine supérieur au million d’euros. Sources : Forbes, Bloomberg, Haaretz, HATVP, Guardian… ↩
- Par exemple, le richissime Elon Musk, après avoir racheté le célèbre réseau Tweeter et l’avoir rebaptisé X, a « libéré » la parole en supprimant les équipes de modération. Résultat : l’information objective et équilibrée n’a plus sa place et on assiste à un mouvement de retrait de la part de nombreux·ses influenceur·se·s, journalistes et médias, qui n’ont plus voix au chapitre. L’idéologie d’extrême droite y est surreprésentée. ↩
- Par exemple, le multimilliardaire français Vincent Bolloré est connu pour sa stratégie visant à promouvoir des idées conservatrices et réactionnaires d’extrême droite. Propriétaire d’un vaste empire médiatique en France (CNews, C8/TPMP, Europe 1, le JDD, Paris Match, le groupe Hachette…), il utilise ses médias pour banaliser des discours radicaux, notamment sur l’immigration et l’insécurité. ↩
- Le fact-checking vérifie l’exactitude des propos (politiques, chiffres), tandis que le debunking expose la fausseté de rumeurs, images détournées ou théories du complot, souvent en démontant le mécanisme de la fausse information. ↩
- Platon souhaitait que la cité athénienne soit dirigée par des philosophes, qu’il concevait comme des citoyens sages et désintéressés, éloignés de la vanité et de la recherche de l’enrichissement personnel. Un tel comité consultatif pourrait constituer une belle synthèse entre cette exigence philosophique et nos démocraties modernes. ↩
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Ce chapitre est extrait de L’Écologie de la Bonté – Manifeste pour le vivant, un ouvrage consacré aux transformations intérieures, politiques, sociales et écologiques nécessaires pour bâtir une civilisation respectueuse de tous les êtres vivants.
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