Propositions sociales pour un nouveau monde

Société · Santé · Éducation · Travail · Vivant

Propositions sociales : imaginer une société fondée sur le bonheur, la santé et le vivant

Santé mentale, alimentation, école, travail, culture, relations humaines, spiritualité et maternité : ces propositions sociales interrogent les besoins fondamentaux auxquels une civilisation juste devrait permettre de répondre.

Une autre société est-elle réellement possible ?

Lorsque nous parlons de justice sociale, nous pensons souvent au pouvoir d’achat, aux retraites, au logement, aux salaires ou à l’accès aux soins. Pourtant, les racines de nos difficultés collectives sont plus profondes. Derrière les inégalités économiques se cachent des besoins humains fondamentaux souvent négligés : la sécurité, l’attachement, l’autonomie, la reconnaissance, la capacité d’agir et la recherche de sens.

Dans cet extrait de L’Écologie de la Bonté – Manifeste pour le vivant, Guillaume Corpard propose une vision globale des transformations sociales nécessaires. Il ne s’agit pas seulement de redistribuer les richesses ou de réformer quelques institutions, mais d’interroger les fondements de notre manière de vivre ensemble et les conditions véritables de la santé, du bonheur et de la paix.

L’alimentation, la pollution, les hôpitaux, l’école, le travail, le revenu universel, la culture, les relations humaines, la spiritualité du vivant et la protection de la maternité sont ainsi reliés par une même exigence : comprendre les besoins profonds de l’être humain pour prévenir la souffrance, la violence, l’isolement et la destruction du vivant.

Ces propositions ne décrivent pas une société parfaite ni un programme politique fermé. Elles ouvrent un espace de réflexion sur une civilisation plus empathique, plus libre, plus sobre et plus solidaire, capable d’agir sur les causes du mal-être plutôt que de réparer indéfiniment ses conséquences.

Cet article reprend la partie « Propositions sociales » de L’Écologie de la Bonté – Manifeste pour le vivant, publié en juin 2026. Le texte du livre est reproduit sans modification.

Il va sans dire que si l’empathie, la bienveillance et la compassion devenaient les prochains moteurs de nos sociétés, nous nous assurerions tout d’abord que tout le monde soit logé, nourri, soigné, sécurisé, intégré comme il se doit. Assurer le minimum vital pour chaque être humain est une base. Il y a assez de richesses sur Terre pour cela, surtout si nous évoluons avec plus d’intelligence et de sobriété.

L’un de nos plus grands problèmes n’est donc pas l’argent, mais l’absence de partage. Cependant, nous arrêter ici serait une erreur. Une civilisation ne devient pas violente uniquement parce que l’humain manque d’argent ou de nourriture. Elle devient violente parce que ses besoins vitaux sont mal compris. Aussi, avant de proposer des mesures sociales, j’aimerais éclaircir cette question.

Nos besoins vitaux – santé mentale et bonheur

Au-delà de nos besoins physiologiques essentiels, il est crucial d’intégrer la santé mentale et le bonheur à nos priorités. Car si notre civilisation est malade, c’est aussi parce nous délaissons ces besoins au profit de désirs artificiels. Je m’appuie sur les travaux de psychologues reconnus1 pour vous présenter les cinq grandes familles de nos besoins les plus importants :

1. Notre besoin de sécurité : il se situe à la fois sur un plan physique, affectif et existentiel (abri, santé, stabilité familiale, professionnelle, sociale, financière). Lorsqu’il est frustré, une peur diffuse et chronique s’installe. Nous pouvons alors basculer dans l’accumulation compulsive, l’autoritarisme, la recherche de contrôle. À l’échelle collective, les sociétés anxieuses deviennent agressives : repli sur soi, dénonciation, haine de l’autre, division… L’éco-anxiété renforce encore ce sentiment d’insécurité. Plus l’horizon semble sombre, plus la violence sociale gagne du terrain. Ainsi peuvent s’expliquer la montée du racisme, du nationalisme et des guerres.

2. Notre besoin d’attachement et d’appartenance : en tant qu’espèce relationnelle, nous avons un besoin de faire partie d’un ensemble. Cela peut prendre différentes formes : une famille, un groupe, un projet, une communauté, une nation. Ce besoin est au cœur de notre équilibre et trouve ses racines dans notre histoire : appartenir à une tribu a longtemps été une condition évidente de survie. En tant qu’êtres sociaux, nous avons besoin d’être acceptés, aimés, d’avoir notre place. Lorsque ce besoin est frustré, nous pouvons nous isoler, nous radicaliser, ou chercher des identités de substitution. Or, notre société hyper individualisée fragilise ce lien : l’individualisme nous isole peu à peu, derrière nos écrans, dans nos existences cloisonnées.

3. Notre besoin d’autonomie et d’accomplissement de soi : il ne s’agit pas ici d’indépendance totale, mais de notre capacité à agir en cohérence avec nos valeurs. Cette autonomie est essentielle : elle nous permet de nous réaliser, de développer nos connaissances, notre créativité et notre identité. Se construire avec une estime de soi solide est une condition fondamentale de l’épanouissement individuel, donc collectif. Quand ce besoin est contrarié, nous pouvons basculer dans la soumission ou, à l’inverse, nous révolter de façon destructrice. Certains adoptent une vision cynique du monde, d’autres se désengagent. Une société trop rigide produit des individus soumis ou violents. Esclaves ou incendiaires.

4. Notre besoin de compétence et de puissance d’agir : chacun·e a besoin de se sentir capable, utile, de pouvoir compter. Être reconnu·e et valorisé·e contribue grandement à notre équilibre et à notre bien-être. C’est ainsi que se construisent le respect de soi et la confiance. Quand ce besoin n’est pas satisfait, un sentiment de vide peut s’installer, accompagné de découragement ou de repli. À l’inverse, certains peuvent devenir dominants ou violents. Une économie qui rend les individus inutiles détruit ce besoin fondamental. Or, cette dynamique est aujourd’hui à l’œuvre (infantilisation croissante, développement de l’IA générative…).

5. Notre besoin de sens : l’être humain ne supporte pas le non-sens. D’ailleurs, nous pouvons nous définir comme des animaux en quête de sens. Hélas, notre société nous en prive de plus en plus. Les récits dominants sont anxiogènes, souvent portés par des logiques qui écrasent plutôt qu’elles n’élèvent. Les addictions se multiplient, le nihilisme progresse, tout comme le fanatisme et la quête de causes absolues. Cette privation fondamentale mène à l’anxiété, au vide, à l’hyperconsommation compensatoire. Coupée du vivant, l’humanité devient destructrice. N’est-ce pas ce qui est en train de se produire ? Des millions d’enfants grandissent sur le bitume, entourés de béton, logeant dans de grandes tours, enfermés dans des écoles sans arbre et sans horizon : où est le sens ?

L’humanité ne manque pas d’intelligence, mais de compréhension profonde de ses besoins vitaux – physiologiques, psychologiques, émotionnels, intellectuels et spirituels. Lorsqu’un besoin est ignoré, il réapparaît de manière déformée et souvent explosive : le besoin de sécurité s’exprime par la surveillance et la militarisation ; le besoin de puissance d’action par la domination ; le besoin d’appartenance par le racisme ou le nationalisme ; le besoin de sens par le dogme et le fanatisme. C’est ainsi que se construisent des systèmes violents. Cette violence collective exprime en grande partie des besoins non identifiés, souvent récupérés et détournés par la classe dominante.

« L’humanité ne manque pas d’intelligence, mais de compréhension profonde de ses besoins vitaux – physiologiques, psychologiques, émotionnels, intellectuels et spirituels. »

La quête de sens n’est en rien un luxe spirituel. Notre cerveau humain cherche des récits simples, ce qui nous rend particulièrement vulnérables : nous préférons souvent une explication fausse à l’absence d’explication, ou une appartenance toxique à un vide existentiel. C’est ainsi que naissent les fanatismes, le conspirationnisme, le nationalisme et les radicalisations. Pourtant, cette quête de sens est aussi une force structurante, et elle est au cœur de ce manifeste : nous pouvons apporter des réponses humanistes et constructives à nos besoins primordiaux.

En conclusion, clarifier nos besoins et y répondre avec intelligence permettra de diminuer nos névroses et notre violence. Éviter la division, la guerre et les dérives autoritaires passera par cette prise de conscience. Le récit que nous construisons collectivement est décisif pour aller vers la solidarité et la paix.

Cette réflexion nous invite aussi à porter un regard différent sur les violences et les délits qui blessent nos sociétés : les prisons constituent en effet un sujet de réflexion important. Tant que certaines personnes représenteront un danger pour autrui, il sera nécessaire de protéger la société et les victimes. Cependant, nous aurions tort de considérer l’enfermement comme une solution satisfaisante. Les violences, les délits et les crimes sont surtout les symptômes de difficultés plus profondes : traumatismes, misère sociale, carences éducatives, souffrances psychologiques ou besoins vitaux durablement ignorés.

Une société plus mature chercherait moins à punir qu’à prévenir, comprendre, réparer et réinsérer lorsque cela est possible. Sans nier la responsabilité individuelle, elle s’efforcerait d’agir sur les racines de la violence plutôt que sur ses seules conséquences. Les lieux de détention devraient ainsi devenir davantage des espaces de protection, de reconstruction et de préparation au retour dans la collectivité. Car une société se juge aussi à la manière dont elle traite celles et ceux qui ont chuté.

L’alimentation

La première étape consiste à comprendre quels sont nos véritables besoins nutritionnels pour être en bonne santé et équilibré·e·s, puis à transmettre largement ces connaissances à l’ensemble de la population. Pour cela, il paraît indéniable que nous devons repenser la base de notre alimentation ainsi que notre système de santé, en sortant de la seule logique de profit. Une agriculture saine, sans pesticides ni intrants chimiques, est possible. Il est essentiel de permettre aux populations d’accéder à une alimentation majoritairement biologique, moins transformée et de meilleure qualité. L’omniprésence du sucre industriel, l’excès de sel, ainsi que les conservateurs et colorants chimiques méritent également d’être remis en question. C’est là une affaire de choix politiques et d’éducation alimentaire. Plus nous irons vers le végétal, le frais et le vivant, plus notre santé s’améliorera… et plus nous préserverons notre système de sécurité sociale.

Les cantines publiques doivent être des modèles : une nourriture bio, équilibrée et à dominante végétale pourrait y être proposée. Les cantines scolaires devraient être gratuites, pour une vraie justice sociale. Ainsi, tous les enfants auraient la chance d’être nourris sainement. Plus de sucre transformé, plus de sodas, mais des fruits à volonté. Les lobbies du sucre, de la viande et du lait n’ont plus leur place dans les écoles.2 De même, de larges campagnes de sensibilisation sur les méfaits de l’alcool, du tabac et de la cigarette électronique devraient être entreprises. Nous avons banalisé ces produits qui nous tuent, sous la pression constante des lobbies.

La pollution

Mettre un terme à nos pollutions généralisées est une priorité absolue, car elles sont à l’origine de cancers et de maladies neurodégénératives, comme la maladie d’Alzheimer et la démence. Respirer un air pur et boire une eau saine devraient constituer un socle non négociable de notre santé. Aussi est-il impératif d’imposer des normes drastiques aux industries afin de garantir la sécurité des populations. Nous devons rompre avec les énergies fossiles (fin du pétrole et du plastique non biodégradable), cesser le rejet de produits chimiques dans l’air et dans l’eau, bannir l’usage des pesticides et supprimer tout élevage intensif, producteur de déchets saturant de nitrates nos cours d’eau et nos nappes phréatiques.

Nous devrions également limiter fortement notre exposition aux pollutions invisibles présentes dans nos maisons, nos écoles et nos lieux de travail : perturbateurs endocriniens, PFAS, microplastiques et autres substances toxiques contenues dans de nombreux objets du quotidien. Vêtements, jouets, emballages, produits ménagers ou cosmétiques devraient répondre à des exigences sanitaires beaucoup plus strictes, en particulier lorsqu’ils sont destinés aux enfants.

Les hôpitaux et la santé

Les hôpitaux seraient bien inspirés d’alimenter correctement leurs patient·e·s, avec une nourriture fraîche, saine et non acidifiante, c’est-à-dire l’exact contraire de ce qui est proposé. La nourriture dans les hôpitaux constitue en soi un véritable scandale sanitaire. En toute logique, c’est ici que l’on devrait le mieux manger ; pourtant, on y mange très mal ! Avons-nous oublié que l’alimentation est notre première médecine ? Nous serions bien inspirés d’investir dans la création de vergers et de maraîchages bio autour des hôpitaux, plutôt que dans ces repas industriels cellophanés qui achèvent les malades.

Il est également temps de mettre fin à la dictature des firmes pharmaceutiques en valorisant une véritable médecine préventive, plutôt qu’une simple gestion des symptômes. À quoi bon s’épuiser à repousser un cancer pour quelques années, si l’on ne change rien aux causes du mal ? Notre médecine allopathique est gangrénée par l’argent : les multinationales pharmaceutiques sont plus soucieuses de satisfaire leurs actionnaires que d’assurer une santé durable aux populations. La production de médicaments, de vaccins ou de prothèses devrait être une mission de service public.

Nos pathologies (cancers, diabètes, maladies cardiovasculaires, obésité, ostéoporose, démence, inflammations en tout genre) représentent une manne financière colossale. D’un côté, les géants de l’agrochimie empoisonnent nos corps ; de l’autre, les firmes pharmaceutiques engrangent des profits obscènes. Le rachat de Monsanto par Bayer est le symbole ultime : une seule entité contrôle désormais l’ensemble de la chaîne, du pesticide au médicament. Ceci est un véritable piège pour les populations de morts-vivants que nous sommes devenus. Nous devrions nous indigner sans relâche. Une loi fondamentale devrait être imposée par le peuple : interdire tout profit réalisé sur la maladie. Tant que la souffrance sera rentable, rien ne sera fait pour traiter le mal à la racine. Comme le dit ce proverbe chinois : « Si tu manges mal, ne va pas voir ton médecin : tu lui fais perdre son temps et tu le déshonores ». Dans certaines traditions, les médecins sont rémunérés pour maintenir leurs patient·e·s en bonne santé. S’ils tombent malades, le médecin intervient gratuitement. Chez nous, c’est l’inverse : nous sommes devenus des clients, captifs et rentables, pourvu que nous ayons besoin de traitements et d’opérations.

Bien sûr, il n’est pas question de rejeter l’ensemble de la médecine moderne, qui peut être extraordinaire. Cependant, revenir au bon sens est une priorité absolue. Il est temps de cesser de mettre des pansements sur des symptômes dont on cherche à peine l’origine. Effacer temporairement le mal n’est pas guérir. Signer le serment d’Hippocrate sans pratiquer une médecine de terrain – c’est-à-dire une médecine de prévention – n’est pas sérieux. Nous devrions tout faire pour être heureux·ses et en bonne santé. Ainsi, nos hôpitaux se videraient et nous rendrions moins souvent visite à notre médecin. Bien manger, bien boire, bien respirer et bien dormir nous feraient faire de grandes économies. Si nous y ajoutons l’exercice physique, la nature, la joie, le rire et l’amour, c’est merveilleux !

Voici un dernier détail, et non des moindres : nos médecins actuels, pour la plupart d’entre eux, ne sont pas formés dans le domaine de la nutrition. Ils ne savent pas précisément ce qu’un être humain doit mettre dans son corps pour trouver l’équilibre. Pourtant, la nutrition devrait être une priorité pour tous les médecins, mêmes généralistes. À quoi bon délivrer des ordonnances avec des listes interminables de médicaments, si l’on n’est pas capable de donner quelques conseils pertinents à ses patient·e·s pour une chose basique et essentielle : quel carburant mettre dans son organisme ? 3

L’école

Comme nous l’avons vu dans le chapitre dédié à l’éducation, nous pourrions repenser nos écoles, afin d’aider nos enfants à être plus heureux et épanouis ; nous pourrions tenter le maximum pour qu’ils deviennent des adultes confiants, créatifs, responsables et souverains de leur vie, dans le cadre d’une société où le collectif ne ferait plus peur. Nous savons construire de telles écoles, sans notes, sans programmes figés, sans classements poussant à la compétition, où les enfants grandiraient au contact quotidien de la nature. Des telles pédagogies existent, prônant l’émulation de groupe et le développement des talents personnels. Sortir des schémas rébarbatifs et aliénants d’une majorité de nos écoles actuelles, imposant trop souvent l’inactivité et l’absence de prise de responsabilité chez les jeunes, est impératif. Beaucoup de nos écoles sont malheureusement des machines à fabriquer de la soumission et du mal-être. Elles produisent aussi, inévitablement, des prédateurs sociaux. La bonne nouvelle, c’est qu’en accordant de grands moyens à l’éducation et en modifiant notre approche, nous pouvons faire beaucoup mieux.

Les arts, le langage, l’écriture, la lecture, les mathématiques, la science, le théâtre, l’artisanat, le jardinage, la découverte de la nature, la méditation, la connaissance de ses émotions, l’exercice physique, sans oublier l’utilisation pertinente des outils numériques : tout cela peut s’intégrer de façon transversale, selon les dons et les inspirations de chacun·e, y compris – et surtout – dans le cadre de projets collectifs.

Si nous sortions au contact de la nature ? Si nous cultivions des potagers et des vergers ? Si nous nous rapprochions des forêts, des prairies et des animaux, quelle que soit la saison ? S’harmoniser avec le vivant, ouvrir les murs et abattre les préjugés, offrir une nourriture de qualité aux enfants, en leur apprenant à semer, à cuisiner et à se nourrir sainement, tout en les protégeant davantage des pollutions invisibles qui imprègnent désormais notre quotidien, c’est poser les bases d’une société radicalement différente. Laisser chacun·e avancer à son rythme et porter ses propres projets, apprendre au collectif à s’unir pour trouver des solutions : voilà qui élève les âmes, au sens le plus noble du terme. L’autonomie, la débrouillardise et la créativité font très peur à notre système, car elles préparent des révolutionnaires apaisés.

De telles pédagogies, prônant l’autonomie et la bienveillance au cœur de la nature, existent déjà. Le projet de Sophie Rabhi en est un merveilleux exemple.4 Enrichie d’une longue expérience dans l’enseignement alternatif, cette pédagogue place l’autonomie au centre de sa démarche, en rendant l’enfant maître de son apprentissage. Elle explique : « Nous agissons sur son environnement, mais pas sur l’enfant lui-même ». Dans La Ferme des Enfants,5 son approche est dynamique et évolutive : « Il est nécessaire de se remettre en question tout le temps, rien n’est définitif. […] Nous ne luttons pas contre les énergies naturelles des enfants en imposant un programme. […] Nous les mettons au centre des décisions, dans le cadre d’un apprentissage auto dirigé, avec l’aide d’adultes bienveillants. […] Nous rendons à l’enfant un pouvoir de décision. […] Observer les enfants, nous observer nous-mêmes et naviguer selon une vérité qui évolue au fil du temps. » Voilà une vision inspirante pour une société plus humaine et plus intelligente.

L’approche de Sophie Rabhi témoigne d’une profonde humilité et d’un amour authentique. Cette pédagogie semble considérer les enfants avec respect et confiance. Cette démarche s’appuie sur des pédagogies actives reconnues (Montessori, Freinet…) ainsi que sur une communication non violente. Les âges sont mélangés, dans le but de favoriser l’entraide et le sens de la responsabilité. Une attention particulière est développée pour éviter la domination des enseignant·e·s sur les enfants. Cette domination, trop fréquente aujourd’hui, trouve souvent son origine dans la soumission que nous avons nous-mêmes subie quand nous étions enfants. Couper avec la reproduction inconsciente de cette violence systémique serait un profond bienfait pour les nouvelles générations. Ajoutons, pour les sceptiques, qu’une autorité légitime et bienveillante peut s’exercer sans aucun esprit de domination. 6

De façon générale, de plus en plus d’enseignant·e·s – y compris dans l’enseignement conventionnel – aspirent à se libérer de ces chaînes et souhaitent plus de moyens pour accompagner les enfants. Il est donc temps de libérer ces professeur·e·s, en leur proposant non seulement des formations nouvelles, mais aussi des cadres plus inspirants. Nous pourrions ainsi bâtir ces « pôles éducatifs et permacoles » dont nous avons parlé : des lieux reliés à des fermes, des sanctuaires ou des jardins-restaurants, proposant des aliments cultivés et transformés avec les enfants. Ces lieux deviendraient des foyers de vie, accueillant fêtes, débats et formations, dans le but de relier les enfants au monde des adultes, de façon saine et joyeuse.7

Travail, retraite et revenu universel

Notre rapport au travail est appelé à changer en profondeur. Nous avons aujourd’hui la capacité collective de créer les conditions pour travailler moins et différemment. Grâce aux technologies et aux immenses richesses que nous savons générer, l’obligation de travailler toute la semaine pourrait disparaître.

Nos rapports hiérarchiques de domination devraient être repensés. Nous ne devrions plus être contraint·e·s d’obéir la tête baissée, la peur au ventre. Cette culture du chef providentiel, qui décide pour tou·te·s, pourrait graduellement disparaître. Même si cela prend des années, nous pourrions apprendre à coopérer, avec bienveillance, en dépassant les conflits d’égo. Cette transformation est autant psychologique que spirituelle. Comme nous l’avons vu, être leader ou responsable ne veut pas dire commander aveuglément. Chacun·e pourrait exercer une autorité dans un domaine, tout en contribuant aux tâches collectives.

De même, si les outils de production appartenaient à la collectivité, ils seraient perçus différemment. Il est en effet plus motivant de travailler pour le bien commun que pour des actionnaires méprisant le bas de l’échelle. Soyons lucides : aujourd’hui, dans bien des cas, nous travaillons par contrainte et non pour le plaisir. Bien souvent, nous sommes privé·e·s de sens dans l’exercice de nos fonctions. Et même pire : beaucoup de travailleurs et de travailleuses sont maintenu·e·s dans la pauvreté. Si le travail était mieux rémunéré par un partage réel des bénéfices, la motivation changerait de nature. Travailler moins et gagner plus, c’est possible : il faut seulement changer les règles du jeu.8

Le travail de demain sera sûrement polyvalent. Nous participerons à divers projets au fil de notre existence : nous pourrons tour à tour contribuer à la propreté de la ville, être membres de la police, assurer une mission politique, avant de revenir à notre spécialité. Ainsi, nous rendrons service à la cité quelques heures par mois, selon nos goûts et nos envies. De manière générale, nous pourrons consacrer plus de temps au repos, à la culture, aux loisirs ou à la vie sociale.

La question des retraites devrait être abordée dans le même esprit. Avant de parler d’allongement du temps de cotisation ou de financement, nous devrions nous interroger sur le sens même de nos existences. Sommes-nous né·e·s pour travailler jusqu’à l’épuisement, en attendant quelques années de répit à la fin de notre vie ? Une société plus juste et plus intelligente pourrait permettre à celles et ceux qui le souhaitent de poursuivre leurs projets et leurs activités aussi longtemps qu’ils en éprouvent l’envie, tandis que d’autres pourraient ralentir ou s’arrêter bien plus tôt. L’objectif ne devrait pas être de faire travailler chacun·e toujours plus longtemps, mais de permettre à toutes et tous de vivre dignement, librement et pleinement.

Dans le cadre d’une société plus juste, plus sobre et écologique, nous pourrions imaginer que chaque citoyen·ne reçoive un même revenu universel. Une base de sécurité garantissant que chacun·e participe, à sa façon, aux activités communes. Cette société paraît idéaliste ? Peut-être, mais nous aurions tort de croire qu’elle est impossible. Ce n’est pas parce que notre mentalité actuelle n’est pas adaptée à cette façon de fonctionner, qu’elle ne le sera pas un jour, quand nos besoins vitaux seront comblés. De l’amour, de la joie, de l’épanouissement et de la sécurité peuvent nous mener à concevoir des choses étonnantes, que nous n’aurions jamais envisagées auparavant. Je ne crois aucunement en une nature figée de l’être humain. Nous savons collaborer intelligemment au niveau d’une petite communauté ou d’une tribu : il faut maintenant trouver les clés pour le faire à plus grande échelle. Ce n’est pas parce que nous avons échoué pendant quelques millénaires, que nous ne réussirons pas à être heureux ensemble, bientôt.

La culture, les arts et les loisirs

Pourquoi vivre ? Pour s’épuiser au travail toute la journée en attendant quelques semaines de congés par an ? Pour rembourser des crédits et survivre péniblement ? Pourquoi courir après un salaire, quand le monde sombre dans la guerre et la destruction du vivant, tandis qu’une poignée d’êtres humains festoient sur les ruines de nos rêves ?

Nous devons retrouver le goût de la vie. La culture et les arts sont l’essence même de notre humanité : autrement dit, ils sont eux aussi des besoins fondamentaux sur un plan spirituel. Nous ne sommes pas nés uniquement pour trimer, ramer, survivre, stresser… Cela suffit ! Nous portons en nous tant de richesses, de connaissances, d’inventivité ! La société de demain sera axée sur l’échange, la découverte et l’épanouissement culturel. Contemplation ou action, méditation ou exercices physiques, voyages immobiles ou lointains : peu importe !9 Avec un système social réinventé et des valeurs cardinales différentes, nous pourrions nous (re)construire et nous réjouir ensemble.

Il est donc impératif de replacer la culture, les arts et la vie intérieure au centre de nos existences, depuis les écoles jusqu’aux campagnes les plus reculées. Les musées et les bibliothèques devraient être gratuits ; les universités, les formations et les transmissions de savoirs (histoire, politique, sciences, philosophie, spiritualité…) accessibles à toutes et à tous.

Les bénéfices issus des sports populaires ou des loisirs de masse devraient financer les arts et la pratique du sport pour tous, au cœur même de nos villages. Car plus une population est cultivée et informée, plus elle gagne en autonomie et en sens critique – ce qui est bénéfique pour la collectivité. De même, la lecture doit être encouragée par tous les moyens, depuis la maternelle jusqu’aux maisons de retraites – si tant est qu’elles existent encore ! Car investir dans les livres plutôt que dans les bombes, c’est assurer un avenir radieux à nos enfants.

Enfin, insistons sur ce point : la pratique artistique devrait être massivement soutenue. L’art donne du sens à nos vies et transfigure nos souffrances. C’est un moyen de transcender nos douleurs, nos frustrations et nos existences mêmes ; l’art nous élève et nous unit. La musique, la poésie, l’écriture, le théâtre, la danse, la sculpture et la peinture devraient irriguer bien davantage la culture populaire. Consacrons nos moyens et notre énergie à permettre à des milliers d’artistes humains de naître.

Les relations humaines

Il serait particulièrement judicieux de réenvisager la nature de nos liens. Nos relations ne sont-elles pas à la fois notre plus grande source de souffrances et notre plus grande richesse ? Les rapports humains sont ce qui nous abîme ou nous élève ; ce qui nous tue ou nous rend heureux·ses. C’est pourquoi un effort politique constant devrait être mené pour améliorer la qualité de nos liens, à travers, notamment, une urbanisation favorisant les échanges et un état d’esprit fraternel. À tous les niveaux, encourageons l’entraide, la médiation, le débat et la mise en commun : jardins partagés, outils collectifs, troc, échanges de services, monnaies locales, projets participatifs, fêtes symboliques… De notre capacité à vivre ensemble dépendra notre avenir.

Nous devrions soutenir au maximum le tissu associatif. La multiplication des associations œuvrant pour les êtres humains, l’environnement ou les animaux prouve à quel point nous sommes coopératifs et empathiques, pour beaucoup d’entre nous. Pourtant, ces structures sont aujourd’hui malmenées par des politiques d’austérité. Les protéger et en créer de nouvelles est un enjeu capital. Gardons à l’esprit que nos associations sont le terreau de nos sociétés de demain.

Évoquons également le mélange des générations. Nous sommes tellement divisé·e·s et esseulé·e·s que les échanges intergénérationnels sont devenus assez rares. Autrefois, ils étaient pourtant une réalité sociale. Il serait donc formidable d’inclure nos « ancien·ne·s » dans un grand nombre de nos activités, non seulement pour leur équilibre (n’oublions pas notre besoin d’être utiles !), mais aussi pour nous enrichir de leur expérience. Dans les écoles du Nouveau Monde, nos « vieux » et nos « vieilles » auraient beaucoup à apporter. Dans les lieux culturels ou les espaces de travail, nous pourrions les inviter à échanger et participer avec nous. Tout le monde en sortirait gagnant. Lutter contre le cloisonnement générationnel est une priorité.10

Et nos relations numériques ? Il est temps de bâtir de nouveaux réseaux sociaux sans objectif commercial, destinés à remplacer les géants actuels corrompus par la quête du profit. Ces plateformes devraient être publiques, gratuites et gérées démocratiquement. Aucun profilage, aucune opacité : l’inverse du modèle Facebook, qui s’est joué de notre naïveté. Nous sommes très loin, aujourd’hui, de l’esprit communautaire et libre que l’on nous avait vendu ! À présent, les utilisateurs sont captifs d’algorithmes opaques et de publicités envahissantes. Quant aux pages « professionnelles », artistiques ou associatives, elles doivent répondre à un cahier des charges contraignant et coûteux, dans le but de toucher une petite partie de leur communauté. Dans ce monde capitaliste à l’impitoyable concurrence, toutes les plateformes sont lancées dans une compétition hors norme en vue de développer leur propre IA. Nos réseaux doivent impérativement redevenir des biens communs, transparents et bienveillants. Ajoutons qu’il est indispensable de repenser la rémunération des artistes, notamment dans le domaine musical.

Rappelons enfin les ravages que font ces outils chez les jeunes. Ces derniers sont rendus dépendants par des méthodes de manipulation neurologique bien connues : libération de dopamine, scroll infini, compteur de likes, flammes ou autres outils de valorisation sociale… Nous devons préserver nos enfants de ces trous noirs numériques qui engendrent décrochages, dépressions et harcèlement permanent. Le temps de sommeil et de lecture est fortement réduit et l’anxiété augmentée : ces outils tirent l’intellect et la santé mentale vers le bas.

En conclusion, recréer du lien authentique et cesser le repli sur soi nous apportera beaucoup d’entrain et d’espoir. Ne l’oublions jamais : nous sommes des animaux sociaux et notre bonheur réside, en grande partie, dans la qualité de nos liens.

La spiritualité du vivant – un éveil de la conscience planétaire

Face à la crise sociale et écologique que nous traversons, notre quête de sens pourrait nous mener à une spiritualité du vivant. Celle-ci pourrait offrir une voie à un grand nombre d’entre nous. Nous évoquons ici une démarche sans religion, emplie de profondeur. Cultiver la conscience, protéger la Vie, chercher la vérité et faire grandir la compassion sont autant de moyens de nous élever et de nous réunir autour d’objectifs communs : faire naître le sens et bâtir la paix, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Cette démarche est plus fondamentale qu’on ne l’imagine, car une humanité en perte de repères est une humanité qui s’autodétruit. D’ailleurs, les tyrans ont toujours voulu supprimer la spiritualité dans le cœur des peuples. Car la spiritualité libère. Cette spiritualité universelle pourrait rassembler tout le monde : du croyant à l’athée, du philosophe au pragmatique, du plus jeune au plus vieux. Il ne s’agit pas d’une nouvelle doctrine : ici, aucune croyance dogmatique, aucun gourou, aucun rite religieux n’est nécessaire. Il s’agit plutôt d’infuser de la conscience et une délicatesse poétique dans nos existences, jour après jour, au cœur de ce grand tableau vivant.

Les principes centraux de cette recherche spirituelle sont :

  • Le respect du vivant : la vie est précieuse sous toutes ses formes – humains, animaux, écosystèmes. Cela implique de refuser la cruauté et de protéger activement la biosphère. Les pratiques associées incluent la protection animale, la reforestation, le jardinage ou une alimentation éthique.
  • La conscience : développer la présence à soi et au monde par l’expérience intérieure. La méditation, le silence, la contemplation ou le yoga en sont les vecteurs. L’objectif est de devenir plus lucide, plus calme et plus attentif·ve.
  • La vérité : comprendre le monde sans dogme, avec sagesse, en s’appuyant sur la rigueur scientifique et l’honnêteté intellectuelle. La spiritualité laïque invite à chercher ensemble ce qui est vrai, sans jamais prétendre détenir une vérité absolue.
  • La compassion : valeur centrale et universelle, elle s’exerce envers tous les êtres et les générations futures. Elle se traduit par la solidarité, la justice sociale et l’engagement écologiste.
  • La beauté et l’émerveillement : la spiritualité nourrit l’âme humaine par la poésie, l’immersion dans la nature, toute forme d’expression artistique… Rappelons que l’émerveillement est la porte la plus directe vers la conscience.

Le but d’une telle démarche est l’élévation intérieure, mais aussi la création de nouveaux liens. Toute la société pourrait en sortir grandie. De grandes traditions (bouddhisme, stoïcisme, Spinozisme…) se rapprochent déjà de cette vision, sans exiger de référence à un dieu ou à une religion. La réflexion philosophique, l’éthique et la pleine conscience sont les piliers de cet élan collectif.

Notre société pourrait donc multiplier des espaces dédiés à cette spiritualité sobre : lieux de méditation, zones naturelles de silence, groupes de lecture, cercles de paroles, moments de célébration de la vie… Les jardins partagés et l’observation du ciel font partie intégrante de cette approche. La spiritualité peut aussi nous conduire à l’action sociale, écologique et animale.

Alors que beaucoup s’éloignent des dogmes, le besoin de sacré demeure. Plutôt que de conserver de vieilles traditions vides de sens, nous pourrions célébrer les saisons, organiser des cérémonies d’accueil pour les nouveau-nés, ou marquer les grands passages de la vie (adolescence, retraite, accompagnement des mourants, deuil…).

Prenons conscience que ce mouvement n’est ni une mode, ni une lubie : il est ancré en nous-mêmes depuis que nous levons des yeux interrogateurs vers les étoiles. Aujourd’hui, une nouvelle conscience planétaire émerge, portée par le refus de domination et la recherche de liberté. C’est un mouvement d’éveil collectif qui est en train de naître.

Créons des maisons du vivant, des maisons de la conscience et du lien ; nourrissons ensemble notre sagesse pour qu’elle infuse à tous les étages de la société. Nous n’avons besoin ni d’autels, ni de symboles religieux : la lumière, les plantes, les livres et la musique peuvent faire beaucoup pour créer un environnement propice à l’élévation. De même, nous n’avons pas besoin nécessairement de nous réunir autour de textes religieux pour élever nos âmes : Montaigne, Spinoza, Simone Weil, Camus, Hesse, Hugo, Tolstoï, Rolland, Emerson et tant d’autres peuvent contribuer à nourrir nos pensées les plus spirituelles.

La maternité : protection des mères, des pères et des enfants

Nos sociétés s’élèveraient en prenant davantage soin des mères et des enfants. Le soutien aux femmes enceintes ou allaitantes doit se traduire concrètement par la création de centres d’accueil adaptés et par un appui permanent dans l’ensemble de nos structures, y compris au travail. Redonner du pouvoir aux mères, en évitant par exemple la surmédicalisation des accouchements, est crucial pour renouer un lien authentique avec la vie.

Sur un plan social, les femmes ne doivent jamais être pénalisées par la maternité : tout doit être mis en œuvre, économiquement et institutionnellement, pour qu’elles ne perdent ni en salaire, ni en perspective de carrière. Ce n’est pas aux mères de s’adapter, c’est à la société de le faire. Un congé de trois ans, pleinement rémunéré, pourrait être proposé à l’un des parents. Veillons à ce que nos enfants s’épanouissent dans un cadre apaisant et sécurisant. Prendre soin des mères, ainsi que des pères qui s’impliquent de plus en plus, est la condition sine qua non pour que notre société chemine vers l’équilibre et le bonheur. La petite enfance est une période extrêmement importante pour la construction d’un être humain. Si nous voulons nous libérer de nos malaises intérieurs et de notre violence collective, il faut en tirer les plus claires conclusions.

Conclusion

Pour être heureux individuellement et collectivement, il nous faut honorer nos aspirations fondamentales. Ces propositions ne sont pas seulement l’aboutissement de quelques réflexions philosophiques et morales : elles répondent concrètement à nos besoins vitaux. Nous connaître nous-mêmes et respecter notre nature profonde est nécessaire pour évoluer. C’est même incontournable.

Notes et références

  1. Notamment Abraham Maslow (1908-1970), psychologue américain, père fondateur de l’approche humaniste en psychologie. Je me réfère aussi et surtout aux travaux de l’infirmière et psychothérapeute Marge Reddington, qui a identifié 51 besoins vitaux dans son livre : Health, Happiness and Human Needs : an introduction to Symbolization. Pour approfondir cette question si riche et tellement essentielle de nos besoins, visitez l’excellent site de Marthe Marie Rochet : www.pourlebonheur.be
  2. Lire Un cri pour la Terre pour comprendre l’impact négatif de tous ces aliments sur nos organismes humains et le poids des lobbies dans les écoles, les hôpitaux et les cantines publiques. Lire mon livre Révolution Alimentation pour l’aspect nutritionnel.
  3. Ici encore, je vous invite à lire mon livre Un cri pour la Terre, dans lequel un grand chapitre est dédié à la santé et l’alimentation. J’y évoque notamment mes rencontres avec de nombreux médecins et infirmières, au fil de mes conférences et des actions.
  4. L’Oasis de Poul’Art est un écolieu et un espace d’expérimentation sociale de 30 hectares situé à Rieumes (Haute-Garonne, France). Fondé en 2021 par Sophie Rabhi (fille de Pierre Rabhi) et Laurent Bouquet, ce lieu de vie est dédié à l’écologie, à la permaculture et à la transmission pédagogique. Son centre de formation est l’Université vivante : www.universite-vivante.org
  5. La ferme des enfants accueille des enfants-citoyens de 3 à 15 ans : la-ferme-des-enfants.com – Interview : www.youtube.com/watch?v=iNwdTB7b7Qc
  6. Quelques livres : Et si nous (re)devenions humains ? ou La ferme des enfants : Une pédagogie de la bienveillance de Sophie Rabhi. Ou encore : À l’école du vivant : s’éduquer par et pour la nature de Anne Marie Lo Presti et Sabine Oppliger.
  7. Rappelons qu’il existe déjà un grand nombre d’enseignant·e·s déployant des efforts pour rendre leurs élèves autonomes et actifs, y compris au sein des écoles « normées ». Il ne s’agit donc pas, ici, de « jeter le bébé avec l’eau du bain », mais de réinventer un cadre et une philosophie générale, en concertation avec les personnes de terrain.
  8. Certains patrons cèdent déjà leur capital aux salariés via des coopératives (comme les SCOP en France ou les sociétés coopératives en Belgique), permettant un partage des bénéfices et une gestion collective, selon une gouvernance démocratique.
  9. Nous pourrions reconnaître davantage l’importance du soin intérieur. Chaque année, des congés spécifiques pourraient être accordés à celles et ceux qui souhaitent participer à des retraites de silence, de méditation, de reconnexion à la nature ou à toute autre démarche favorisant la connaissance de soi, l’équilibre émotionnel et la paix intérieure. Investir dans la prévention du mal-être, du stress chronique et de l’épuisement serait sans doute l’un des choix les plus intelligents que nos sociétés puissent faire.
  10. Nos maisons de retraite actuelles traduisent une transformation profonde de nos modes de vie : les ancien·ne·s sont souvent éloigné·e·s de la vie collective et familiale. Nous pourrions imaginer des sociétés où chaque âge retrouverait sa place dans la vie commune, tout en respectant les besoins d’autonomie et de tranquillité de chacun·e.

Découvrir L’Écologie de la Bonté

Ce chapitre est extrait de L’Écologie de la Bonté – Manifeste pour le vivant, un ouvrage consacré aux transformations intérieures, politiques, sociales et écologiques nécessaires pour bâtir une civilisation respectueuse de tous les êtres vivants.

Découvrir le livre

window.addEventListener('load', function () { window.dispatchEvent(new Event('resize')); });